Ce qui s'échappe
touche le ciel
le pourpre du ciel
habiter chaque pas
sentir chaque virgule
en soi la béance
écho du monde
respiration formidable
de la nuit qui blanchit
(l'oiseau a tout son
temps)
quand le silence
exaspère l'angoisse
les mères hurlent
leur souffrance invisible
La pierre de patience
écoute
la cavité au creux des os
se fait silence
avec l'ongle
j'enlève quelques écailles de peinture
qui se décollent du mur
a pris le temps d'écrire
sur l'écorce
les signes blanchis de l'aube
(la terre respire)
j'irai peut-être
ramasser des cailloux
dans le lit de la rivière
Le soleil glacé
déjà haut
enserre ton cœur
libre de toute attache
je m'éloigne
mes pieds
lisent la poussière

